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Préjugés - Première partie : ce que disent les belges

publié le 23 oct. 2013 à 13:51 par Julie Decoene   [ mis à jour : 23 oct. 2013 à 13:59 ]
Je vous propose cette semaine le premier de deux volets sur les préjugés rencontrés lors d'une migration au soleil.  
Cette première partie concerne les préjugés qu'ont les belges, la semaine prochaine ce sera au tour des ticos !

Préjugé n°1 : "Tu passes ton temps à bronzer"

...et ses variantes : à la plage, dans un hamac, au bord d'une piscine.
...et son corollaire (quand je vais en Belgique) : "Mais! Tu n'es pas bronzée ?"

Il faut vraiment habiter en Belgique, ou encore plus au nord, pour penser que parce qu'il y a du soleil, on fait systématiquement bronzette.  Quand le soleil est rare, on en profite dès qu'il est là, normal. Mais quand il est là tous les jours, ce n'est même pas qu'on n'y prête pas attention, c'est pire : on l'évite ! Quelques minutes par jour pour aller faire une course, c'est bien suffisant. Une exposition prolongée, c'est la porte ouverte à un coup de soleil, à une insolation, voire à un cancer de la peau.

Quand je vais à la plage, une fois tous les deux ou trois mois, je mets ma casquette, mes lunettes de soleil, ma crème indice 50, et je trouve une place à l'ombre. Donc non, je ne suis pas bronzée, mais j'ai bonne mine en prenant quelques rayons de soleil tous les jours.

Préjugé n°2 : "Tu bois des verres en terrasse toute l'année"

Ceux qui ne se sont pas fait piéger par le préjugé précédent, parce qu'ils connaissent un peu "le Sud" (l'Espagne et l'Italie en été, en fait), te sortent des âneries du genre : "mais oui, ils dorment la journée quand il fait trop chaud et font la fête le soir".

Non. Il fait noir entre 17h30 et 18h30 selon la période de l'année, mais ça ne varie presque pas. La journée, il fait trop chaud pour se mettre en plein soleil, et le soir il fait noir très tôt. Le principe si sacré de "boire un verre en terrasse" n'existe tout simplement pas pour les ticos. Cette assertion était par contre presque vraie à Bruxelles, avec ses terrasses chauffées en hiver !

Préjugé n°3 : "Les gens ne travaillent pas beaucoup"

Faux. Les horaires de travail sont de 48 heures par semaine (8 heures par jour du lundi au samedi), avec 10 jours de congés par an. Dans certains secteurs comme les transports, l'agriculture ou l'horeca, ces horaires sont parfois largement dépassés sans rémunérer les heures supplémentaires.

Ce qui est vrai par contre, c'est que les gens travaillent lentement. Quand on a connu la célèbre productivité belge, c'est carrément choquant de voir comment les gens travaillent ici. Ca explique sans doute pourquoi ils doivent travailler autant, mais aussi comment ils tiennent le coup avec aussi peu de congés. A tout faire bien à l'aise, ils ne risquent pas d'être stressés. Cela m'a permis de prendre un peu de la graine en ce qui concerne l'un de mes plus grands défauts : mon impatience a été mise à rude épreuve.

Du côté des expatriés qui viennent ici pour lancer leur affaire, tous sont unanimes pour dire qu'ils travaillent plus qu'avant pour gagner moins. On ne vient pas au Costa Rica pour avoir une vie plus facile ou faire fortune, mais plutôt pour une certaine qualité de vie. L'absence de stress notamment.

Préjugé n°4 : "Le Costa Rica est un pays écologique"

Oui et non. Le Costa Rica est un modèle à bien des égards : production d'électricité à plus de 90% par des énergies renouvelables, réserves naturelles, taxation de tout ce qui pollue (voitures, électronique,...), pionnier de l'éco-tourisme, etc.

Mais l'écologie, telle que je la connaissais dans mon quotidien en Belgique, reste marginale : 
- une partie de la population ne voit pas de problème à jeter bouteilles et papiers n'importe où,
- le tri des déchets et le recyclage commencent à peine à faire parler d'eux, 
- l'utilisation massive des sacs plastiques surprend quand on vient d'un pays où seuls les sacs bio-dégradables peuvent être donnés gratuitement dans un supermarché, 
- le traitement des eaux usées se limites aux grandes agglomérations, 
- j'ai redécouvert les gobelets en plastique jetables que je n'avais plus vus depuis quelques années déjà, 
- etc.

Malgré tout, en terme d'émission de CO2, le Costa Rica est le mieux placé au niveau mondial, puisqu'il vise un objectif de bilan carbone neutre à l'horizon 2021.  
Reste à faire un effort du côté de la population pour limiter l'afflux de déchets dans la nature qui est assez catastrophique, comme j'ai pu m'en rendre compte sur l'île San Lucas, ou encore à Playa Blanca qui se trouve juste en face de cette île.


A la prochaine pour d'autres préjugés envers les expats... ceux des ticos !