BLOG‎ > ‎

La llorona

publié le 23 juin 2013 à 15:28 par Julie Decoene   [ mis à jour : 23 juin 2013 à 18:00 ]
Je vous ai déjà dit, avec les orages, les tremblements de terre et les éruptions volcaniques, il y a de quoi avoir des frayeurs régulièrement. Comme si ça ne suffisait pas, les latinos se mettent la pression avec des légendes urbaines qui font froid dans le dos.

Je dis les latinos, car ce sujet n'est pas propre au Costa Rica. En fait, je vais vous parler d'une légende qui est mexicaine à la base, mais qui s'est exportée et modifiée au fil du temps. Il est difficile voire impossible d'en tracer une évolution précise, tant les différentes versions se déclinent à l'infini. Une légende urbaine, quoi. J'essaye ici de donner un aperçu du sujet, mais bien sûr libre à vous de faire vos recherches sur la multitude de versions et d'interprétations qui en existent.


La légende de la llorona, trouverait son origine dans la ville de México à ses débuts. Mais là déjà, ce n'est pas certain car il y aurait déjà des variantes de cette légende chez les indigènes. La version coloniale est celle d'une femme indigène qui tue ses enfants pour que ceux-ci échappent aux violences de la colonisation. Une autre version est celle d'une femme indigène qui tue ses enfants car elle a découvert que son mari la trompait avec une Espagnole (ou alors, c'est elle-même la maîtresse). Ensuite, son esprit hante les rues en pleurant une fois la nuit tombée. D'où le nom de la llorona : la pleureuse.

Dans d'autres versions post-coloniales, il ne s'agit pas forcément d'une femme indigène, cela peut être aussi une Espagnole. Mais la thématique reste la même : elle tue ou perd ses enfants pour une certaine raison et son esprit vient hanter les nuits.  Les raisons peuvent être diverses : son mari l'a trompée, ou alors c'est elle qui a trompé son mari, ou encore elle tue ses enfants pour ne pas devoir s'en occuper et profiter de la vie (j'avoue, cette dernière version est vraiment glauque).  Selon les versions, il arrive souvent qu'elle enlève les enfants qu'elle croise pendant la nuit.

On voit que la légende évolue avec le temps et reflète son époque. Mais aussi qu'elle a surtout une utilité moralisatrice. A la base, s'il devait probablement s'agir d'une légende pour faire respecter le couvre-feu, c'était aussi un moyen de renvoyer la femme à ses responsabilités. N'oublions pas l'importance de la religion catholique, surtout à cette époque. C'est aussi devenu une façon de faire peur aux enfants : "Si tu n'es pas sage, la llorona viendra t'enlever". Souvent, on dit que la llorona enlève les enfants près de l'eau. Pour les décourager de s'en approcher ?

Là où je vis, on n'est pas du tout à México mais le bruit court que certains ont vu ou entendu la llorona. Des personnes ayant vécu une vie de péché : beaucoup de partenaires sexuels, de l'alcool ou de la drogue, auraient vu la llorona sur leur lit de mort. Voilà pour la version locale. De nouveau, on comprend tout de suite à quoi sert la légende.

La légende continue de parcourir son chemin, notamment dans la littérature, la musique et le cinéma.

Une chanson sur le thème de la llorona apparait dans le film Frida (2002). Au passage, l'interprète Chavela Vargas est originaire du Costa Rica mais naturalisée mexicaine.


Pour terminer, voici le dessin animé mexicain de 2011 que j'ai vu il y a quelque temps et qui m'a incitée à me renseigner sur ce sujet. La légende y est franchement assez différente des versions données ci-dessus. S'il y a des leçons à en tirer, ce ne sont certainement pas les mêmes ! C'est pas mal fichu, et assez drôle aussi. Je n'en dirai pas plus, histoire de laisser la surprise à ceux qui voudraient regarder.


Merci de me lire, et une belle semaine à vous !