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Grand nettoyage

publié le 5 juil. 2013 à 17:03 par Julie Decoene   [ mis à jour : 5 juil. 2013 à 17:06 ]
Avant de partir en week-end en amoureux dans la belle réserve où nous nous sommes rencontrés (mais oui, c'est mignon), je me lance dans l'écriture d'un compte-rendu de notre journée de bénévolat à l'île San Lucas samedi passé.

Complexité des trajets en ferry oblige, nous avons dû nous rendre dès le vendredi à Puntarenas pour y déposer notre sac à l'hôtel, manger chinois et faire quelques courses pour le lendemain. 

Notre soirée à Puntarenas se termine par une promenade sur le "muelle", autrement dit l'estacade de Puntarenas, flanquée de sa capitainerie face à l'entrée, l'un des derniers bâtiments de style colonial (si pas le dernier) dans cette ville. Il n'est que 20 heures mais il fait déjà noir depuis longtemps. Sur l'estacade, il y a pas mal de monde, mais il fait étonnament calme. On peut entendre le bruit des vagues dans la nuit. En fait, la plupart sont là pour pêcher, seuls, entre amis ou en famille. Certains piquent un somme en attendant une prise. Presque au bout, nous décidons de nous asseoir et d'admirer la côte illuminée. Certains pêcheurs s'en vont, mais d'autres arrivent seulement, casque de moto sous un bras, matériel de pêche dans l'autre. On peut parler, la mer est bien plus bas, mais très peu bavardent et tous préfèrent finalement écouter les vagues.

Nous allons dormir tôt car le lendemain, le rendez-vous est fixé à 5h pour le départ. Nous nous levons donc à 4h30, nous arrivons sur place à l'heure mais nous voyons alors qu'il n'y a encore presque personne. Le ferry n'est même pas encore prêt. Ce n'est que vers 6h30, après avoir préparé le ferry et rassemblé tout le monde, que nous pouvons enfin partir. Ce n'est pas très grave, durant l'attente nous avons pu admirer le lever du soleil sur le port, prendre le petit-déjeuner et aussi aller m'acheter une casquette, histoire d'éviter une insolation comme cela m'arrive régulièrement depuis que je vis sous les tropiques. Oui, on sait s'acheter une casquette à 6h du matin !

Le ferry est surpeuplé. Plus de 500 personnes, dans le petit ferry car il n'y a aucune voiture. Du coup, on est beaucoup trop chargés en haut et le ferry tangue pas mal. Sur autant de personnes, il fallait bien que ça arrive : il y en a une qui fait un malaise. Mis à part cet incident, on a l'impression de partir en vacances. Certains ont des sacs énormes, on dirait qu'ils partent une semaine entière. Il y en a qui filment, prennent des photos, d'autres qui sont déjà à boire des bières à 7h du matin. Le pont du ferry sur lequel nous sommes dispose d'une sono et la fin du trajet prend des allures de fête quand certains commencent à esquisser quelques pas de cumbia.

Lorsque nous arrivons près de l'île, des lanchas viennent embarquer les bénévoles par petits groupes, une vingtaine à la fois. La plupart des bénévoles sont jeunes et une partie sont des étudiants de l'université qui doivent faire une journée de bénévolat dans le cadre de leurs études. Certains sont responsables de créer des groupes qui sortiront dans l'ordre du ferry. Nous sommes dans le groupe 18 sur 20 groupes, et il n'y a que 2 lanchas. Nous attendons deux heures avant de pouvoir embarquer. L'organisateur a l'air fort stressé, il nous apprend alors qu'il avait réservé 6 lanchas, mais que 4 ne sont pas venus alors qu'il leur avait versé un acompte. 

Enfin, nous découvrons cette magnifique île, avec en prime une présentation par un guide et un peu de temps pour voir les bâtiments de l'ancienne prison pour grands criminels, inspirée de l'île du diable en Guyane Française. Nous apprenons notamment qu'on y pratiquait la torture, mais aussi que les pires détenus étaient envoyés bien plus loin, à la Isla del Coco, qui elle se trouve à plus de 500 km de la côte costaricienne.

Ensuite, nous attaquons ce pourquoi nous sommes venus : le nettoyage de la plage. Lorsque nous arrivons, parmi les derniers, le plus gros du travail a été fait, mais il reste toujours des petites choses : bouchons, bics, briquets, couverts en plastique... Nous ne nous décourageons pas, en nous rappelant que ce sont ces petits objets qui sont les plus dangereux pour les animaux. Dans des coins reculés, nous trouvons encore quelques gros morceaux : parties de seaux ou autres récipients en plastique, tongs de toutes les tailles,... Le soleil tape et il fait chaud... Petite pause à l'ombre pour nous ravitailler en eau et en biscuits avant de continuer... Sur le chemin du retour, nous ramassons encore quelques détritus, probablement tombés d'autres sacs lors de l'acheminement.

A l'embarcadère, les navettes pour retourner au ferry ont déjà commencé, cette fois-ci plus rapidement avec un catamaran. Sur le ferry, au niveau du parking habituellement rempli de voitures, l'un des deux côtés est jonché de dizaines de sacs poubelles contenant au total plusieurs tonnes de déchets, principalement du plastique. De l'autre côté du même niveau, on sert à tous les bénévoles un riz cantonais en guise de repas de midi, avec un thé glacé. Je fais une sieste à même le métal car les parties plus conviviales du ferry, les niveaux supérieurs, sont déjà bondées. Au moment de partir, je perds mon appareil photo en me relevant, et il a déjà disparu quand je reviens à sa recherche à peine quelques minutes plus tard. (J'attendais de recevoir des photos de quelqu'un d'autre pour écrire ce billet, mais sans nouvelles, tant pis ce sera sans photos - une fois de plus et je m'en excuse).

Au retour, nous attrapons de justesse l'autre ferry qui traverse le Golfe de Nicoya pour retourner chez nous après cette longue journée, et constatons, face à une population lambda, l'ampleur des dégâts en ce qui concerne notre propreté.
Notre récompense : une douche et une longue nuit de sommeil bien méritées !