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Donner et partager

publié le 15 juin 2013 à 11:52 par Julie Decoene   [ mis à jour : 23 sept. 2013 à 09:26 ]
Je lisais pas plus tard que ce matin, un témoignage d'expatriation au Mexique, où l'expatriée en question disait que ce qui la dérangeait le plus, c'était le rapport à l'argent. Que les gens ne faisaient jamais rien gratuitement, espéraient toujours un petit pourboire pour le moindre service, etc. Bon déjà, ce n'est pas le même pays, et puis elle vivait dans un lieu touristique, ce qui change évidemment la donne, vu qu'elle n'a pas une tête de mexicaine.

Ca m'a donné envie d'écrire cet article, à contre-courant de ce témoignage. Cela fait longtemps que je voulais aborder ce sujet sur mon blog!

Je suis quand même d'accord sur un point, c'est qu'ici en Amérique centrale, l'argent c'est le nerf de la guerre ! D'abord parce que les gens n'en ont en général pas beaucoup, ensuite parce que c'est la crise comme partout.
On ne connait pas l'expression "fin de mois difficile", car ici les salaires sont versés tous les 15 jours, mais pour beaucoup, les comptes sont très serrés.

Et dans ces circonstances, au lieu de vivre chacun pour soi, les ticos font quelque chose de magnifique, ils donnent et ils partagent. On commence à voir cela en Belgique aussi, bien sûr : colocation, covoiturage, sont devenus, sinon à la mode, pour certains une façon de survivre.

Ici, cela va plus loin...

Le partage de nourriture

Plusieurs fois par semaine, nous recevons des surplus de nourriture de la famille : quelques tortillas, empanadas, du guacamole, de la viande, de la soupe, des desserts, et j'en passe!
J'adore. Ca fait toujours plaisir et en plus ça évite le gaspillage.
A cela, il faut ajouter le fait qu'on trouve beaucoup de nourriture dans la nature, et donc au final on ne doit pas acheter grand chose. Et pareil, on fait profiter les autres de nos surplus.

Les initiatives sociales

Voilà une chose que je trouve super : la salle de sport est gratuite pour toutes les personnes qui ont le seguro (la sécurité sociale).
Encore mieux, un retraité a décidé d'organiser dans un grand local devant chez lui des cours d'aérobic, 4 soirs par semaine. Il donne ces cours gratuitement, avec une participation facultative de 100 colones par personne (cela revient à 0,15€) pour l'électricité et le nettoyage du local.

En partenariat avec la clinique, c'est au même endroit qu'une fois par semaine, nous avons reçu des séances de sensibilisation à un mode de vie sain : prendre soin de soi, manger équilibré, faire du sport etc. Une initiative géniale dans un pays où les gens n'ont pas forcément les moyens de s'offrir ce genre de services.
Et cela colle parfaitement avec la volonté de vie saine et tranquille (pura vida). D'ailleurs , nous nous trouvons dans une blue zone (région du monde avec une espérance de vie très élevée). 

Ne pas avoir peur de demander... ni de proposer

Un point important qui fait que les personnes ici s'entraident énormément, c'est qu'ils n'ont pas peur de demander de l'aide. Si par exemple on repère un terrain avec des arbres fruitiers qui n'ont pas l'air d'être récoltés, il ne faut pas avoir peur d'y aller faire le plein, la réponse sera certainement positive!

J'ai été appelée pour des missions de traduction : faire l'interprète pour communiquer avec un québecois et passer un coup de fil en néerlandais aux Pays-Bas (oui je sais encore parler néerlandais!).

Autre exemple: pour rentrer du cours d'aérobic, les personnes en voiture proposent spontanément un lift, même aux personnes qu'elles ne connaissent pas.

Les gens n'ont pas peur non plus de dire quand ils n'ont pas d'argent. Untel n'a pas d'argent pour sortir boire un verre ? Pas grave, un autre lui offrira ses verres cette fois-ci...  Qui sait dans quelques mois ce sera le contraire.

Voilà donc comment se passe la vie en communauté avec les costariciens!
Merci de me lire et une belle journée à vous!