Le Costa Rica et la francophonie

publié le 16 avr. 2015 à 08:30 par Julie Decoene

En 2014, le Costa Rica est devenu, en même temps que le Mexique et le Kosovo, un nouveau membre observateur de l’organisation internationale de la francophonie. (Source)


Qu’en est-il concrètement du statut de la langue française au Costa Rica ?

La langue française est la deuxième langue étrangère obligatoire à l’école, après l’anglais (c’est un cas unique en Amérique latine). Mais la plupart des ticos ne savent en réalité parler que quelques mots de base : « comment ça va ? », « merci beaucoup », etc. L’impact de la France sur le Costa Rica n’est donc pas vraiment perceptible au niveau de la langue, le français reste quand même très peu parlé. 

C'est plutôt au niveau de la culture que la France a marqué le pays. Le pays a une grande tradition citoyenne qui découle de la révolution française. Ce n’est pas par hasard que le drapeau costaricien est bleu, blanc et rouge. Le droit costaricien est également inspiré du droit français. 

Apprendre le français au Costa Rica, ce n’est pas juste étudier une langue, mais c’est aussi s’imprégner d’une culture et d’une pensée critique. Pour les plus passionnés, on peut aller jusqu’à parler d’un mode de vie. (Vidéo TV5 Monde)


Les touristes français au Costa Rica

Le Costa Rica est particulièrement apprécié des Français. A certains endroits, ils représentent à eux seuls jusqu'à 90% du tourisme local. Il s'agit en particulier des endroits cachés, des perles que parfois seules les agences francophones offrent, connaissant bien leur public. En effet, le touriste français est réputé pour être à la recherche de l'authenticité. Il aime sortir des sentiers battus et avoir le sentiment de vivre quelque chose de vrai. 

Il est donc apprécié pour l'intérêt réel qu'il porte à la culture du pays, contrairement à d'autres touristes qui veulent juste profiter de la plage. En général, il accorde de l'importance à ce qu'on puisse lui parler dans sa propre langue. Les ticos sont donc bien conscients que l'apprentissage du français est un atout qui peut faire la différence dans le secteur du tourisme, et cela participe au rayonnement de la francophonie dans le pays.


Entre tradition, passion et tourisme, la francophonie, en tant que langue et culture françaises, a donc de beaux jours devant elle au Costa Rica!

Mon ressenti

Depuis plus de deux ans que je vis au Costa Rica, je pense que les ticos sont en général curieux et ont envie de connaitre de nouvelles cultures, même si parfois ils ont certains préjugés. En tant que francophone vivant au Costa Rica, je considère comme une mission de faire mieux connaitre ma culture, souvent méconnue ou déformée.


A bientôt, je l'espère, pour une nouvelle publication!

Julie

Bonne et heureuse année 2015

publié le 31 déc. 2014 à 08:43 par Julie Decoene

Voici arrivée la fin de l’année et le moment de faire le bilan l’année écoulée, ainsi que les projets pour l’année à venir. Mon site a été laissé un peu à l’abandon cette année, et malheureusement pour vous mes lecteurs - si vous êtes toujours là, je ne pense pas qu’il y ait une amélioration notable en 2015, car ce ne sera pas une de mes priorités.

Cependant, pour mes followers, ceux qui me suivent, sur facebook (julie.decoene) ou twitter (@Belgitica), je m’engage à publier plus souvent des photos des endroits magnifiques que je visite ou tout simplement de tout ce qui fait que le quotidien est bien différent au Costa Rica qu’en Belgique. Après déjà deux ans, la phase d’émerveillement est déjà derrière moi, mais il faudrait cependant éviter de tomber en mode « c’est bon calmez-vous, c’est juste un singe ». Les plaintes sur mon manque de partage ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Je me suis bien rendue compte qu’il était difficile sans se rendre sur place, de réaliser comment était vraiment le Costa Rica et ma vie ici. C’est pourquoi mon engagement envers vous pour cette année sera de publier plusieurs fois par semaine sur ma vie au Costa Rica, mais sans prendre trop de temps à écrire non plus. La leçon de tout ceci étant que quand on veut trop bien faire, finalement on ne fait plus rien du tout.

En conclusion, cette année n'hésitez pas à me suivre sur les réseaux sociaux pour plus de nouvelles fraîches et plein de photos en direct du Costa Rica.

Des bisous et une excellente année 2015 à tous ! Pura vida !

La vierge des anges

publié le 5 août 2014 à 18:49 par Julie Decoene   [ mis à jour : 5 août 2014 à 18:52 ]

Ce 2 août, de nouveau un jour férié (ben oui ça n'arrête pas, c'est pas mieux qu'en Belgique!), cette fois-ci pour la Virgen de los Ángeles, patronne du Costa Rica. Des milliers de Costariciens se sont déplacés à pied, marchant parfois des centaines de kilomètres, pour se rendre à la Basilique dédiée à la patronne, à Cartago dans la vallée centrale. C'est une tradition catholique, mais cependant ce sont tous les Costariciens, y compris ceux d'autres religions (chrétiens non-catholiques pour beaucoup), qui participent à ce pélerinage. Au-delà de la dimension religieuse, c'est en gros l'événement de l'année auquel chacun se doit de participer pour que le pays soit protégé une année de plus.

Loin des images de grand rassemblement et des nombreux ticos parcourant les routes asphaltées de la vallée centrale, nous avons également fait notre petite marche près de chez nous. Ici, c'est très différent, nous nous rendons en haut d'une montagne toute proche, la Tigra, où il y a une petite église de la Negrita, autre nom donné à la vierge, représentée par une mulâtre. 

Notre cheminement se fait dans le calme, en harmonie avec la nature, puisque nous décidons de partir le 2 août en fin d'après-midi, soit bien après tout le monde. La plupart des pélerins se déplacent en effet avant le 2 août ou le 2 août très tôt. Lorsque nous arrivons, il n'y a d'ailleurs que nous et les organisateurs du débit de nourriture et de boissons temporairement installé à proximité de l'église, en train de plier bagage.
  
Eglise de la Tigra

L'année passée, nous avions fait la marche sur la piste utilisée par les voitures pour se rendre à la Tigra, mais cette année nous avons pris le vieux chemin, plus court mais plus arpenté, où nous avons juste croisé des chevaux. 

Ancien chemin

Photos de l'année passée (août 2013)

En somme, une belle promenade, loin des mouvements de foule à Cartago. Là-bas, la foule était telle que les pélerins ont dû faire des files de plus d'une heure pour pouvoir rentrer chez eux en bus ou en train le 2 août. Parmi les pélerins interviewés à la télévision, certains venaient du Guanacaste et avaient marché plus de 200 kilomètres pour se rendre à Cartago. Gageons qu'ils ont prié pour qu'il pleuve. En tout cas, ici il a beaucoup plu depuis samedi soir !

Prochains jour fériés au Costa Rica : le 15 août, qui est aussi la fête des mères, et le 15 septembre, jour de l'indépendance.

Fête et sécheresse au Guanacaste

publié le 24 juil. 2014 à 10:36 par Julie Decoene   [ mis à jour : 24 juil. 2014 à 10:36 ]

Cette semaine, c'est la fête du rattachement du Guanacaste, la province se trouvant au Nord-Ouest du Costa Rica. En 1824, les habitants de cette région ont voté la séparation du Nicaragua et le rattachement au Costa Rica. C'est traditionnellement l'un des événements les plus importants de l'année.

Mais cette année, la fête est plutôt mitigée. La région connait une grave sécheresse. Dans certains villages, on n'a presque pas vu la pluie depuis le début de la saison pluvieuse en mai, et si cela fait déjà longtemps que l'eau courante n'arrive plus à certaines maisons, c'est maintenant également les puits où ils vont tous les jours chercher l'eau qui commencent à s'assécher.

Jicaral se trouve dans la péninsule de Nicoya, fait partie administrativement de Puntarenas (dans la partie de la péninsule en orange sur la carte à droite), mais a le coeur au Guanacaste (en jaune). Nous avons encore l'eau courante, et heureusement, nous avons même un puits sous notre terrain. Cependant, nombreux sont ceux ici qui vivent de l'agriculture, et qui n'ont pas pu semer. Il se dit que si il ne pleut pas avant la semaine prochaine, il sera trop tard pour semer cette année. Il se dit aussi que l'institut national d'assurances a refusé d'assurer les agriculteurs contre les pertes cette année. Ce mois-ci, il a plu 1% de ce qu'il doit normalement pleuvoir au mois de juin. Certains météorologues annoncent qu'il ne pleuvra plus avant... l'année prochaine.

Cette semaine, traditionnellement de fête, mais aussi souvent de protestation, voit donc cette année les protestations habituelles (rattachement de notre canton au Guanacaste, entre autres) reléguées au second plan. Que prévoit le gouvernement de Luis Guillermo Solís fraîchement élu pour résoudre ce problème de manque d'eau et empêcher que ce soit une pluie de problèmes qui tombe sur le Guanacaste ?

Playa San Miguel

publié le 5 juin 2014 à 05:07 par Julie Decoene   [ mis à jour : 5 juin 2014 à 05:11 ]

Il y a presque deux semaines, nous roulions vers Playa San Miguel. C'est l'une des plages de la côte Pacifique les plus proches de chez nous, juste après sa voisine Playa Coyote, où se trouve le village de San Francisco de Coyote et à peu près l'ensemble des commerces et activités dans ce coin-là (c'est-à-dire pas grand chose, il faut le reconnaitre).

Après un peu plus d'une heure de route pour faire 50 kilomètres, nous voilà à l'hotêl Laguna Mar, principal hôtel encore en activité à San Miguel, situé à un petit kilomètre de la plage. Malgré le calme ambiant, Cécile, sa propriétaire, nous assure que l'hôtel continue d'afficher complet en saison creuse. La région est en effet un incontournable pour les quelques touristes, étrangers ou ticos, désireux de découvrir le "vrai" Costa Rica, loin des routes asphaltées. 

Playa San Miguel, en résumé, c'est une plage abandonnée. Dans un cadre verdoyant, elle est bordée de palmiers et de grands terrains carrés, à peu près équitablement répartis entre terrains en friche et villas luxueuses. Mais il n'y a pas un chat. La petite supérette qui se trouvait à l'entrée est en démolition. L'hôtel en bord de plage où nous étions allés il y a deux ans sur cette même plage, lors de mes 3e vacances au Costa Rica, est maintenant fermé car il a été endommagé par le tremblement de terre de septembre 2012. Nous avons devant nous des kilomètres de plage de rêve pour nous seuls. Plage de rêve avant tout pour les surfeurs et pour les gens comme moi qui adorent les énormes vagues qui passent au-dessus de la tête.



De retour à l'hôtel pour manger avant de rentrer, on découvre avec plaisir que la chti, en un an à peine, a déjà fait rayonner son aura du Nord dans le village : le bar de l'hôtel semble être le point chaud de ce village fantôme sous le soleil. On est samedi midi. Des gringos du coin sont venus prendre l'apéro. Ensuite, ce sont trois ticos qui viennent s'installer au bar pour savourer l'un des plats raffinés proposés à la carte, en regardant le foot espagnol diffusé à l'écran au-dessus du bar.

Cécile nous décrit avec bonheur sa nouvelle vie dans le coin (qu'elle partage avec de très fréquents retours en France), la bonne ambiance qui règne dans le village entre les ticos et les expatriés (toujours relativement plus nombreux près des plages), et les opportunités qu'elle imagine pour développer la zone tout en conservant son caractère authentique. Elle nous voit déjà venir vivre tout près. S'installer définitivement à la plage nous semble à des années-lumière, mais par contre, pourquoi pas y construire une petite maison de vacances ?

Pura vida

TOP 10 des pires moments au Costa Rica

publié le 5 mai 2014 à 14:56 par Julie Decoene   [ mis à jour : 5 mai 2014 à 14:56 ]

Bien loin des problèmes de confort tels que les glaçons dans la bière ou l'eau de la piscine qui est trop chaude... 

Voici des anecdotes vraiment pas évidentes, des moments où on se rappelle qu'on est bien peu de choses face aux dangers de ce monde.


10. Un colibri passe à 5 centimètres de ton oreille.

En arrivant par derrière, sinon tu perds l'effet de surprise. Tu as juste le temps d'entendre super fort ses battements d'ailes qu'il est déjà parti. Entre temps, tu as perdu ton sens auditif.

9. Quand il n'y a plus d'eau courante et que tu n'as pas une seule bouteille d'eau de réserve dans ton frigo.

Après avoir longuement hésité à attendre que l'eau revienne, tu te décides à faire la marche de la mort vers la pulperia pour t'acheter une bouteille d'eau. Tu as eu le temps d'attraper un coup de soleil et une insolation. Quand tu reviens, évidemment l'eau est revenue elle aussi.

8. Une chauve-souris entre chez toi, fonce dans le ventilateur et tombe morte sur le sol.

Ensuite, le chat commence à jouer avec et met du sang partout.

7. Voyager à l'arrière d'un pick up avec 10 autres personnes.

Et tout le monde rigole parce que tu as l'air stressée.

6. Un tremblement de terre.

Encore mieux si ça te réveille en pleine nuit.

5. Trouver un boa dans l'évier d'un hôtel.

Je vois pas où est le problème ? Ah bon, ça peut me manger le bras... tout compte fait si on pouvait s'en débarasser, merci bien.

4. Quand il y a une coupure d'électricité et qu'il fait mourant de chaud.

Une bonne douche en attendant... En espérant qu'il n'y ait pas une coupure d'eau en même temps.

3. Dormir dans une vieille maison au milieu de nulle part et avoir ton copain qui te raconte des histoires de fantômes au moment d'aller se coucher.

Et les toilettes sont à 30 mètres de l'endroit où tu dors.
Et tu n'as qu'une lampe de poche comme lumière. Et les étoiles.

2. Prendre le ferry quand il y a de l'orage.

Au moins si on coule, l'eau est chaude. Ah ! Ah ! Attends, je vais vomir et je reviens.

1. Un serpent à sonnette au milieu du chemin où tu dois passer.

A un endroit où il n'y a pas de réseau pour appeler une ambulance si le serpent mord quelqu'un. Sinon c'est pas assez stressant.


Mais jusque là, je vais bien. 

Pura vida !

Avril

publié le 18 avr. 2014 à 15:40 par Julie Decoene   [ mis à jour : 18 avr. 2014 à 15:40 ]

Hola !

Oui je sais, ça fait longtemps. Beaucoup de boulot, des chamboulements dans la vie privée et un séjour en Belgique... 

On s'est bien amusés en Belgique (et en Espagne) d'ailleurs, hormis le fait que j'étais malade pendant presque tout mon séjour. Parce que oui, 15°C c'est pas chaud, c'est froid! Qu'on se le dise.

En parlant de chaleur, le sujet d'aujourd'hui est particulièrement en rapport, car je vais vous parler du mois d'avril, c'est-à-dire le mois de loin le plus chaud et le plus sec dans ma région. C'est la fin de la saison sèche et elle atteint donc son paroxysme. Vous voyez, avant un orage, quand l'air devient bien lourd et qu'on attend plus qu'une chose, c'est qu'il pleuve ? Et bien voilà, c'est exactement à cela que ressemble le mois d'avril. Il n'a pas plu depuis fin novembre (en théorie, car il a quand même plus deux fois - une fois en janvier et une fois quand j'étais en Belgique, cela est dû au changement climatique), et donc tout est sec, il y a de la poussière partout... Bref, ce n'est pas joli à voir. Comme je le répète souvent aux personnes qui veulent venir me voir, le mois d'avril est plutôt a éviter pour visiter la péninsule de Nicoya. 

Il fait tellement chaud, qu'on boit de la bière avec des glaçons (oui même moi qui suis BELGE!!!). 

Et pourtant, c'est l'un de mes mois préférés.

Déjà, ça fait 3 ans que je suis venue pour la première fois au Costa Rica. Je m'en souviens bien, après être allée à la réserve Karen Mogensen où j'ai rencontré mon chéri, j'étais allée à la Isla Tortuga qui était bondée de touristes car c'était, comme cette semaine, la Semana Santa (les vacances de Pâques). Cela fait aussi environ un an que j'ai commencé ce blog. Donc voilà, c'est un peu le mois des anniversaires.

Mais aussi, c'est un mois où il y a des jours de congé pour les ticos, jeudi et vendredi saint pour être exact. Et comme c'est la fin de la saison sèche, ils en profitent tous pour aller une dernière fois à la plage avant l'"hiver", c'est-à-dire la saison humide. C'est aussi une occasion de faire la fête pour certains, et c'est là qu'on voit toute la contradiction des ticos, puisque normalement ce sont des congés dédiés à la pratique religieuse. Par exemple, la vente d'alcool est interdite pendant ces deux jours, et on en voit certains faire des stocks au supermarché le mercredi soir.

Enfin, c'est surtout le mois des mangues et des noix de cajou. En effet, nous n'avons pas ces fruits là toute l'année, par contre une fois qu'ils arrivent, c'est limite un concours pour arriver à refiler le surplus de mangues à ses voisins. Je pense que la majorité des mangues finissent par pourrir sans qu'on ait le temps de les manger, et tout le reste de l'année on n'en a pas... Donc opération confitures, sorbets,... Si vous avez des idées de recettes, je suis preneuse !

 

Concernant les noix de cajou, je vais quand même faire un petit explicatif sur ce fruit. En espagnol, c'est la semilla (graine) de marañon. Donc cette petite noix est en fait la graine d'un fruit, le marañon, qui lui peut se manger également, tel quel, en jus, ou bien cuit pour en faire du miel. La graine quant à elle, donc la noix de cajou comme nous la connaissons, doit être grillée avant d'être épluchée pour pouvoir être consommée, sinon elle est toxique.

Ici donc, pas d'oeufs de Pâques, sauf dans mon frigo car j'ai prévu un petit stock lors de mon dernier voyage. L'occasion de faire découvrir aux ticos le bon chocolat belge !

Joyeuses Pâques à tous !

Isla venado

publié le 23 févr. 2014 à 09:18 par Julie Decoene   [ mis à jour : 5 août 2014 à 19:06 ]


Ca fait presque un mois que je n'ai plus écrit, mais je ne vous oublie pas. J'ai quelques petits articles en réserve, mais après autant de temps, ça ne se fait pas de vous laisser avec un billet de dix lignes pour votre dimanche soir... J'ai donc choisi en ce jour de vous écrire sur un sujet qui me tient à coeur, sur lequel j'ai envie d'écrire depuis très longtemps, à chaque fois que j'y vais en fait, c'est l'Isla Venado. Littéralement c'est l'île du cerf. C'est l'une des îles se trouvant dans le golfe de Nicoya, la plus proche de chez nous. On peut la voir depuis les hauteurs entourant le village.

L'île est intéressante au niveau de sa faune, un grand nombre de pélicans et de hérons, entre autres, vivent en bordure de l'île, dans la mangrove. Mais ce dont je voulais parler, c'est plutôt de la vie hors du commun que mène ses 1500 habitants. L'île a cette particularité que son territoire n'est pas vraiment administré. Avec des conséquences assez incroyables pour ceux qui y vivent. 

Il n'y a pas de cadastre donc virtuellement, les terrains sur l'île ne valent rien et sont invendables - c'est aussi le cas pour la plupart des terrains en bordure de mer, partout au Costa Rica. De plus, on ne peut sortir de l'île qu'en bateau et aux heures de marée haute. Les insulaires sont donc d'emblée dans un contexte où ils n'ont pas vraiment d'autre choix que de rester là et exercer le seul métier possible pour eux : la pêche pour les hommes et mère au foyer pour les femmes. La pêche, un métier qui ne rapporte pas grand chose, en particulier quand le gouvernement interdit la pêche. Offrir des études à ses enfants est très difficile, car il est nécessaire de leur trouver un logement en dehors de l'île, et le coût des études est hors de portée pour bien des familles sur l'île.

Une autre caractéristique de la vie sur l'île est la quasi-absence de service public. Une école et une police de quartier, ainsi que le passage d'une équipe médicale une fois par semaine, voilà sur quoi peuvent compter les habitants de l'île. Pour le reste, ils doivent se débrouiller par eux-mêmes à bien des niveaux. Ils ont eux-mêmes tout constuit pour faire venir l'eau potable depuis la réserve Karen Mogensen jusqu'à l'île, en la faisant passer sous l'eau du Golfe. Ils gèrent la collecte des déchets, qu'ils acheminent sur la terre ferme avec leurs propres bateaux.


A l'instar de bien des zones rurales, le manque matériel est largement compensé par l'absence de ce fléau citadin qu'est le stress. J'y suis déjà allée plusieurs fois et toujours, les gens étaient super accueillants. J'ai pu faire une sieste dans un hamac chez quelqu'un qu'on ne connaissait pas - j'étais avec une tica de mon village qui trouvait ça parfaitement normal de demander le hamac à prêter.
Ma dernière aventure sur l'île date de la semaine dernière. La diététicienne de la clinique m'a contacté car elle se rend une fois par mois sur l'île pour donner des conseils. J'ai sauté sur l'occasion pour prendre un jour libre et donner aux insulaires leur tout premier cours de yoga. Le jeudi matin, je me retrouve donc face à une trentainte de dames, dont certaines avec leurs enfants courant dans tous les sens, pour leur enseigner les bases du yoga. Moment assez surréaliste. Déjà je n'aime pas donner cours devant autant de gens, et en particulier quand la plupart n'ont pas spécialement l'intention de faire du yoga. Mais en plus, je me répète intérieurement durant toute la séance que c'est vraiment ridicule de les aider à se détendre car tout le monde est déjà tellement détendu! Au final, quelques personnes m'ont parlé après la séance, et pensent continuer à faire certains exercices pour des problèmes de dos ou autres douleurs. Bon comme quoi, ça peut toujours servir même pour les gens relax. 

Après ça, pour le midi nous avons dégusté des gambas face à la mer, chez des gens super sympas qui m'ont montré toutes leurs photos d'une époque où ils accueillaient des étrangers (dont une belge) dans leur humble maison.



Pura Vida !

[Parc national] Curú

publié le 24 janv. 2014 à 17:11 par Julie Decoene   [ mis à jour : 25 janv. 2014 à 07:40 ]

Comme promis il y a quelques semaines, un sujet tourisme ! Et oui, mon papa est venu et donc nous avons pu visiter des endroits que je ne connaissais pas, mais tout en restant relativement près de chez moi. Voilà ce qui arrive quand on n'a pas de voiture, on ne connait pas des endroits magnifiques qui ne sont pourtant pas loin... Nous avons visité les magnifiques plages de Malpais, Santa Teresa et Montezuma. Mais comme je mets un point d'honneur à ne pas publier de photos de plage sur mon blog, je vous parlerai plutôt du Parc National Curú, qui se trouve près de Paquera. C'est au bord de l'eau, certes, mais au moins ce n'est pas une de ces plages à vous rendre jaloux.

Le parc de Curú est un parc que je qualifierais de niveau très facile pour ce qui est de la marche... Ce n'est pas super grand et c'est pratiquement plat, et aussi comme c'est un parc national, les chemins sont très bien entretenus (En général, c'est déjà moins le cas dans les réserves privées). On peut y voir la mangrove de tout près, et donc la faune et la flore spécifique à ce type de forêt, en bordure d'eau salée.



Il est recommandé de se rendre tôt le matin pour y voir des oiseaux. Comme nous faisions du snorkeling le matin, nous avons fait le parc vers midi, autant dire à l'heure de la sieste pour tout ce petit monde. Ce qui ne nous a pas empêché de voir quelques animaux, dont certains que je n'avais jamais vus ! 

Dans ce parc, comme dans beaucoup d'autres au Costa Rica, vous ne pouvez échapper au singe capucin ou "cara blanca" en espagnol, ce qui signifie "visage blanc". Ces singes-là sont habitués à la présence humaine et donc ils viennent naturellement à notre rencontre, jusqu'au parking. Dans d'autres parcs, j'ai déjà vu des singes capucins voler de la nourriture aux touristes...



L'autre singe que nous pouvons également voir au refuge Curú, ou en fait un peu partout (en tous cas je les entends de chez moi), c'est le singe-hurleur. Ca fait un bruit sympa aussi, mais pour vraiment se rendre compte il faut venir sur place... 


Oui, lui il vient moins près que l'autre... Mais ils ont un point commun, c'est la queue préhensile. Il n'y a qu'en Amérique que les singes ont la queue préhensile. C'est-à-dire qu'ils peuvent utiliser leur queue pour se pendre à un arbre, comme ils utiliseraient un bras ou une jambe.

Voilà aussi un héron :


Et puis pour terminer, un crocodile - ou un tronc d'arbre, c'est selon ce que chacun voit.


Moi j'dis que si c'est un tronc d'arbre, il a vachement une forme de crocodile quand même.

Sur ce, un bon week-end à tous!

Chifrijo

publié le 9 janv. 2014 à 17:53 par Julie Decoene   [ mis à jour : 9 janv. 2014 à 17:56 ]

Je pense que tout le monde s'est déjà remis des fêtes, alors je me permets... un sujet alimentation ! Je sais que c'est le sujet préféré de beaucoup de mes lecteurs. Mais attention, c'est souvent aussi un sujet vocabulaire, car les plats typiques ne viennent pas sans un nom typique lui aussi.


Je vais vous parler du chifrijo. Le mot chifrijo est la contraction de chicharon et frijoles. Je sais, vu comme ça, ça ne vous avance pas beaucoup. Les frijoles, c'est facile, ce sont les haricots rouges ou noirs. Quand au chicharon, c'est déjà plus délicat...

Le chicharon c'est un morceau de gras de porc plus ou moins frit : il peut encore être bien moelleux, ou alors croquant, c'est selon le goût. Parfois, il peut y avoir un morceau de viande dans l'histoire, mais c'est vraiment parfois... c'est quand même le gras qui prime !


Alors, c'est un fait, c'est physiquement impossible d'aimer ça au premier abord. A part pour quelques personnes dont je sais qu'elles sont déjà en train de baver devant leur écran, pour une personne normalement constituée qui n'a jamais mangé ça, c'est tout simplement l'horreur.

Et pourtant, on finit par s'habituer. A force d'en manger un pour faire plaisir, on commence à trouver ça pas si mauvais, jusqu'au moment où on adore. C'est un aliment totalement régressif ce morceau de gras, donc au final on ne peut qu'aimer. 

Maintenant que vous connaissez les deux composants principaux du chifrijo, passons à la recette. Dans un bol, mettre du riz et le recouvrir de haricots avec leur jus de cuisson. Ensuite, ajouter les chicharonnes coupés en petits morceaux. Et pour terminer, un mélange de dés de tomate, oignon, coriandre, jus de citron et sel préparé au préalable.

    

C'est la recette de base. Ca veut dire que si vous enlevez quelque chose, ce n'est plus un chifrijo. Si vous ajoutez quelque chose, à part pour les puristes, c'est encore un chifrijo. Généralement, c'est servi avec des chips de tortilla et quelques morceaux d'avocat.

D'accord, ça va être difficile à faire chez vous, mais j'espère vous avoir donné la motivation de goûter ce plat incontournable au Costa Rica ! C'est aussi un moyen très facile de commencer à manger (et à aimer) les chicharonnes.

A bientôt !

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